20/11/2004

Forgotten words, forgotten world...

Certains soirs, je reste sans nul doute fasciné par la persistance de cohérence dans divers faits aléatoires, un peu sans doute comme le concept de prévisibilité dans les phénomènes entropiques, le concept de Q-Bit, ou sans nul doute, tout simplement la physique quantique.

Le plus bel exemple  serait sans doute cet incroyable chance, qui défie les lois du hasard, ou nous oblige les théoriciens les plus pointus à reconnaître qu'il est désormais inconcevable de ne plus considérer le hasard comme un paramètre équationnel à modéliser mathématiquement, qui fit que sur le nombre inquantifiable de combinaisons possibles suite à l'origine de l'univers (quand bien même nous supposions que notre modèle soit transposable sur un axe temporel), nous sommes arrivés à cette chose si simple, si belle, si forte et si fragile qu'est la vie...

 
C'est en ces termes, en ces pensées, en ces propos, qu'en me posant la question un soir en revenant de savoir  si les gens qui m'avaient abandonné ou que j'avais perdu de vue pensait de temps à moi, comme moi, certains soirs je pense à eux.
C'est en ces termes, en ces pensées, en ces propos, que j'ai recu la visite impromptue justement ce soir là d'une amie me demandant si moi, je pensais aux gens que j'avais abandonné, et si j'avais conscience que ceux-ci avaient peut être changé le sens de ma vie...

Et c'est là que tout se complique...
Au fil du temps, indéniablement, nous subissons une évolution, une transformation lente suite à nos rencontres, nos échanges, nos expériences, soient-elles fortuites, soient-elles éphémères ou éternelles.
Tout comme certaines personnes ont changé, réfléchi, évolué par le fait que j'aie du les abandonner pour les obliger à se retrouver face à elles-mêmes, parfois, seules, face parfois à des dures choses, je me demande si ces personnes savaient qu'en me faisant souffrir, ou en m'abandonnant, c'était peut être la seule chose à faire pour que je puisse véritablement évoluer...

C'est là que le bât blesse... ces personnes en ont-elles eu consciences, ont-elles réalisée suite à l'inefficacité à long terme de leurs efforts, de leur écoute, de leurs conseils, qu'un choc violent était sans nul doute la seule manière de me faire évoluer, et peut être de me sauver face à moi même ?
Je n'en sais rien, j'en doute pour certains, j'en dénie pour d'autres, j'en acquis la certitude enfin pour les derniers, ne sachant sans nul doute comment les remercier un jour pour ce courage et cette force qu'ils ont éprouvé...


C'est donc ainsi que certains de mes proches m'ont annoncé que la personne qu'ils connaissaient n'était plus la même, que j'étais totalement différent, que j'avais changé...
Oui, j'ai changé, je suis le premier à le reconnaître, à devoir l'admettre, je  suis devenu plus égoiste tout en devenant moins nombriliste, je suis devenu plus sage tout en étant dans certains cas plus "enfant", ce que j'était n'est plus ce que je suis, et ce que je suis ne sera probablement nullement ce que je serai.
 
Oui, j'ai abandonné certains sans remords, sans me retourner, j'ai sans nul doute fait deuil du passé et compris que les chimères, les démons, les souvenirs dans lesquels je me plongeais, je me raccrochais, n'étaient que des choses éphémères qui ne seraient qu'obstacles et non pierres.
J'ai compris et accepté réellement que ce que je pensais être des volcans éteints que l'on pourrait réveiller un jour n'étaient que des cendres encore rôsâtres et que d'elles ne naîtrait plus jamais un feu éternel, j'ai accepté de les regarder en face, et de les voir tiédir et se  finir en cendre calmement, pour les mettre dans une urne que j'ai enterrée paisiblement...
 
 
Je n'ai jamais aimé ces films dans lesquels le héro ou l'héroine tourne le dos à l'être aimé, amorce ces pas qu'il sait être les derniers laissant définitivement l'autre dans l'oubli, attendant ce moment où quelques secondes écoulées, l'autre lui dira "attends..."
Non, je n'ai jamais aimé me retourner lorsque j'amorcais ces pas et que je quittais l'autre, je n'ai jamais aimé les larmes, les remords, les adieux sanglants et déchirés de larme, j'ai toujours préféré être brusque et net, dire "adieu" dans un dernier soupir de respiration coupée par l'émotion de quitter l'autre.

Non...
Lorsqu'il le fallait, lorsque c'était la fin, lorsque j'avais compris, j'ai abandonné sans remords, sans regret, sans scrupule, j'ai toujours béni et haï comme d'autres cette faculté acquise au fil du temps de pouvoir gérer des situations sentimentalement complexes lorsque mon esprit l'avait décidé, cette possibilité de pouvoir laisser l'esprit prendre le pas sur l'âme et sur le corps, de pouvoir tourner le dos et partir d'un pas assuré sans regarder derrière ni me laisser attendrir par quelque mot, vague, phrase, émotion sortie comme un cri d'un nouveau né.


Et pourtant, quitte à le faire pour sans doute la première fois et la dernière fois de ma vie,
j'aimerais ce soir, enfin, même si je ne le peux, dire à tous ces gens qui m'ont abandonné que je les remercie pour tout ce qu'ils m'ont apporté, pour le temps, la patience, l'écoute, la gentillesse et la sagesse qu'ils m'ont accordé, parce que je suis en mesure de comprendre véritablement l'impact de leurs personnes sur ma triste personne...
J'aimerais aussi sans doute un jour pouvoir dire à ces gens que j'ai abandonné que même si les larmes ne coulent plus depuis longtemps, une larme a toujours perlé dans mon coeur lorsque je les quittais, et que celle-ci s'est maintenant transformé comme ces cendres de ces amours passés en un joyau, que j'ai laissé.
 
 
Quand je suis désormais dans ces moments rares que je ne partagerai jamais et dont je ne parlerai plus jamais plus, quand je regarde le ciel illuminé avec la douceur du vent caressant mon visage comme sans doute aucune femme au monde ne le fera jamais,
oui,  je pense à tout cela...
Quelque part, leurs traces restent éternelles, chacune d'elle brille là bas, quelque part...
Je souris paisiblement et doucement.

 
J'ai 25 ans, et maintenant, je les assume...
Chaque coup reçu de cette vie est mémorisé, et je vais te les rendre, coup pour coup au centuple, petit à petit.
Je suis prêt à devenir homme, adulte, mari et peut être... père de famille.

00:08 Écrit par Mr P & Mr F | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Commentaires

... oui, tu as changé... mais en bien...

Écrit par : carpe diem | 20/11/2004

Tant Que tu assumes ce que tu fais...

Partir, ne pas se retourner et tout ça sans s'abimer.... Je n'y crois pas trop... La preuve !

Bisous

Écrit par : Val | 20/11/2004

..... les gens que tu as connus avant .....sont partis sur d'autres chemins ,d'autres routes ....normal qu'ils aient changés et toi aussi ....
bon we ....;-))))
bisouuuuuuus

Écrit par : bio | 20/11/2004

.... Chouette photo, une nuit pluvieuse ?

Écrit par : promethee | 20/11/2004

tout le monde change par la force de choses, par le pourquoi du comment, on change, sans s'en rendre compte véritablement mais on change. les gens nous change, les gens voient que l'on changé.mais on ne voit ps que l'on change.

Écrit par : les jujus | 21/11/2004

... Carpe-Diem : Merci mon ami...

Val : ce n'est pas pour cela que tu ne peux pas y penser, il y a une différence entre abimer et y réfléchir sereinement.

Bio : effectivement, nous avons tous pris des chemins qui nous mèneront quelque part, c'est la seule certitude :d

Promethee : un soir de novembre brumeux et pluvieux dans de vieilles ruelles aux petites heures du matin ...

Les_jujus : je pense qu'on s'en rend compte, mais par "phases", lorsque l'on prend le temps de regarder un peu au delà de l'égocentrisme en acceptant que finalement les autres nous apportent toujours quelque chose...


Bonne nuit à tous.

Écrit par : Mr P & Mr F | 21/11/2004

des pots cassés....... nous en traînons tous avec nous,juste pour nous rappeler d'aller de l'avant !
je t'embrasse

Écrit par : Bad' | 23/11/2004

optimiste! utopiste? Moi j'ai 28 ans et aucunes certitudes... Comment t'as fais?

Écrit par : sandre | 23/11/2004

Sandre Ah.. ca vais te dire, c'est des années de travail sur moi même :d

Écrit par : Mr P & Mr F | 23/11/2004

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