24/09/2004

You Mean SuperGlu ?

2h37... mes doigts s'agitent fébrilement sur un de ces bons vieux claviers bien épais, au son d'un bon Nalin & Kane - Open your Eyes en fond dans l'appartement...
A est sur mon portable, et tente de faire passer les heures et le stress, pour ma part, je tente de faire de même en agitant de manière névrosée mes doigts dans un balais enflammé sur ce clavier qui ne subsistera pas 15 jours à ce rythme, bénissant ce bon petit Hub qui traine depuis un petit temps, et l'achat de cette tv / écran plat et le vieux serveur poussiéreux inutilisé depuis ce soir...
 
A. vient de France, a 23 ans et a décidé, comme bien des gens que je trouve courageux, de prendre sa vie en main, de quitter un job ingrat, de quitter ses amis, sa famille, pour entamer une carrière en Belgique, de Manager pour être précis.
A. a donc débarqué en Belgique, logé chez moi quelques temps le temps de formalités administratives, le temps de trouver un appartement qu'elle loge avec une (ex ?) amie à elle, partageant le loyer, et facilitant ainsi la garantie locative.
Ce soir, A., revenant exténuée du boulot, a eu la chance de trouver la porte de chez elle fermée de l'intérieur à double tour par sa colocatrice qui ne semble pas répondre aux appels de sonnette répété...
Après être passée rapidement au dépourvu chez moi et utilisé mon téléphone, A. se voit de manière énervée rappeler à sa colocataire toujours au chomage qu'elle paye le loyer, qu'elle rentre fatiguée, et que ce genre de situation est anormale... auquels actes, celle-ci fournit une explication branleuse (je suis fatiguée, même si je n'ai pas de boulot, je dormais et je n'ai pas entendu la sonette), un racrochage au nez, et... un gsm coupé...;
 
 
A. donc distile donc sa colère et sa fatigue sur le net, tout comme je distile mon agressivité présente par le manque de sommeil, le ras-le-bol d'être toujours le bon frère / papa / conseiller conjugual de diverses personnes qui ne peuvent comprendre que je ne suis pas toujours présent mentalement, fatigué physiquement d'un lendemain de veille un peu trop alcoolisé et mentalement par un ensemble de cours, de courses et d'obligations à caractère professionelles...
Oui, ces temps-ci je traine mon corps jusqu'au lit, je m'impose une discipline de vie rigoureuse (lever tôt, dodo pas trop tard, envoyer des cv, programmer, mettre à jour les sites, se former, tenter de manger régulièrement, n'oublies pas de laver tes dents mon enfant...), et certains soirs, comme tout le monde, c'est un ras-le-bol, une envie d'envoyer les gens péter, une envie de dire "démerdez vous, si vous n'êtes pas contents, la sortie est par là", une envie d'envoyer balader certaines personnes que je dois sans cesse rappeler et qui ne trouvent jamais le temps pour me voir, une envie simplement de dire "zut, flute, merde..."
 
Oui, c'est une révolte d'adolescent, c'est aussi une rage contre soi-même de toujours avoir cette impression de ne pas avoir assez de  temps alors que j'en ai largement assez, cette rage de se dire "marre d'être souvent un chic type à qui on n'envoie jamais l'ascenseur", c'est ces moments "caliméros" où l'on a envie de se plaindre, comme l'enfant pourri qui se nourrit au sein du capitalisme et de la consommation que nous sommes...


Les discussions s'enchainent, les cendriers se vide, et une remarque me marque... "tu étais trop collante"
Je m 'arrête l'espace d'un instant, et je me mets à constater que oui... je suis devenu au fil du temps un horrible petit vieux qui aime  sa solitude, qui aime son confort, qui aime son indépendance, et qui souvent, bien trop souvent, a envoyé paître des gens qu'il aimait, saturé de leur présence naturelle trop imposante, même lorsque ces personnes étaient des personnes de valeur...
Oui... je me plainds de mon célibat, je me plainds de ne pouvoir avori de  relation stable, mais d'un coté... combien de personnes qui m'aimaient véritablement, qui s'approchaient de moi pour me comprendre, pour me soutenir, pour m'aider en périodes de stress, de surménage intellectuel, de pétage de plomb existentiel et intellectuels, ais-je envoyé balader sans remord, sans scrupules, combien de fois ais-je jugé mon prochain, mon partenaire, ma dame, de haut, en me disant "pfff... quel con(ne), quel(le) immature, quel prétentieux"...

Oui...  j'ai fustigé ce que j'étais, il y a quelques années.
Certains soirs, je me dis qu'au delà d'être quelqu'un de bien, je suis quand même profondément parfois un pauvre type...
Time to close tonight.

02:59 Écrit par Mr P & Mr F | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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