24/07/2004

Bruxelles - 17h15J'embarque dans le train après a

Bruxelles - 17h15
J'embarque dans le train après avoir couru comme un dérapé pour attraper ce foutu train grâce aux métros qui curieusement, par la loi de murphy, sont toujours trop rapides lorsqu'on ne le souhaite pas, et extrêmement lent voire même bloqués à une station lorsque l'on est pressé.

Ce que je pensais être une bonne soirée fut sans doute l'une des soirées les plus exécrables, misérables et marquantes de ma vie.

Le temps de faire quelques courses, nous voici affalés dans le jardin, à boire une ou 2 smirnoff ice, à discuter de la pluie, du bon temps, tout va bien...
Ce qui au début me faisait sourire (une petite engueulade d'un couple fraichement marié pour retard et 3 chopes en trop) se corse rapidement pour arriver à une grosse scène de ménage en direct... je suis légèrement géné, je ne connais pas bien cette personne et c'est le genre de chose où l'on espère secrètement que les 2 partis vont s'éloigner pour régler leur problème... las, ils ne le feront qu'après 1/4 d'heure, pas grave... tant pis ils sont assez grands

Il est 22h... malgré 2/3 vannes échangées avec la femme de x, légèrement énnervante par le son de sa voix dont le volume pourrait concurencer celui d'un boing en plein décollage, 2 français que je ne connais pas arrivent... bon... pourquoi pas, je me sens un peu à l'écart... je me mets à l'écart... les discussions chevaux, et aborder comme cela les gens que je ne connais ni d'ève ni d'adam, n'est pas forcément ma tasse de thé

Après quelques bonnes vannes lancés des 2 cotés, des cassages en veux-tu en voilà, une discussion s'amorce, sur le fait que je pense que dans les grandes métropoles (je cite bruxelles inconsciemment par référence), l'on trouve des gens généralement plus évolués que par exemple à la campagne... ne fut-ce que par la concentration d'emplois, et la différence de secteurs suivant les différentes régions).
L'ambiance monte... je manque d'être foutu à la porte par mon hôte et  personne proche, je ne comprends pas le pourquoi d'une telle réaction...
J'ai du sans doute encore une fois toucher un point sensible, faire mal sans le faire exprès... je suis parfois expert inconsciemment dans le domaine...
Je me calme.... je me tais, lancant ci et là quelques vannes, quelques traits d'humour lourds et déplacés...

Une parole assassine est lancée... je reste sans voix, blessé au plus profond de moi par une personne que j'apprécie... les heures s'écoulent, la soirée n'en semble plus finir, je n'ai pas l'humeur à rire où à participer...
Une seconde vanne s'échape, un retour est lancé que je prends (nombriliste, quand tu me tiens) pour moi... un petit coup de talon sur la tête un peu trop fort du genre "gros barbare" comme je me complais à l'être, et A. me lance une phrase assassine genre : "t'es lourd, tu m'fous la honte, franchement, ca me fait chier que y'aie des gens qui viennnent et que tu me fasses passer pour une conne par ta débilité continue"... gros silence... je suis choqué par le ton dur et haineux de la voix, par les regards posés, je reste incompréhensif... une seconde phrase assassine est rajoutée "et ca a fait pareil chez A-L y'a un an"...

Je sens un "crac" au fond de moi... un mélange de colère, un mélange d'incompréhension (mon humour est lourd certes, le leur est du même goût pour moi, à savoir lourd mais efficace), de douleur... je me sens totalement exclu, il est 1h du matin, je maudis de n'avoir passé mon permi pour rentrer à bruxelles, seule chose à faire dans ce cas-là, à savoir un retrait stratégique...
Je sors griller une clope - la xème de la soirée -  les larmes me viennent aux yeux, le moral s'effondre... j'avais besoin d'une bonne soirée, j'étais venu pour passer une soirée avec A, décompresser, j'avais besoin qu'on me prenne tout simplement dans les bras, j'avais besoin de dire que cette personne comptait pour moi...

Rire cynique... c'est toujours ainsi, c'est toujours lorsque c'est trop tard que l'on a envie de dire ce genre de choses...
Je téléphone à Caro, une amie... j'ai besoin de décompresser, je suis sur les nerfs, ca s'emballe, ca braque, ca dérape, je me sens d'une pachidermie morale et physique impressionnante...
Je maudis intérieurement cette difficulté et ce malaise systématique que j'éprouve en présence d'inconnus, je me demande ce qu'il y a à faire... rien à faire... je me sens totalement hors de cette soirée à 5, je me sens lourd, je rentre, je me dis qu'il serait peut être bon d'aller me coucher, je me retiens... si je le fais, je risque d'alourdir encore plus la soirée...
Après une heure songeuse, je me décide finalement à aller me coucher, il est 2h du mat, je suis fatigué, le moral à 0, dormir, dormir, oublie

Ath, 10h du matin
Après avoir refusé un café, l'esprit pensif, A. me racompagne à la gare...
Je reste silencieux tout le long du trajet, je regarde défiler les paysages en tentant de faire un check-up des dégats...
Ce bâtiment central qui n'était pas déjà en bon état ressemble plus actuellement à un chantier de construction... ca fait mal, et lorsque cela vient de quelqu'un que l'on aime profondément, le paquet de dynamite est généralement placé au coeur de l'édifice avant d'exploser...
Je réalise que je dois payer le poids du passé, encore une fois, que comme A. l'a dit si bien, "une chance, mais pas 2", que l'erreur que j'ai commise il y a un an ne s'en ira pas par de simples excuses formulées à genou devant une assemblée de gens dans un café, que j'ai encore une fois pensé, estimé à tort la valeur des sentiments sur des regards, sur des sourires, sur des comportement, qu'il serait temps de laisser les gens partir, vivre leur vie, et de m'envoler peut être, ce serait mieux pour tout le monde

J'aime trop, j'aime mal, je m'attends à ce que cela soit pareil en retour, et je retombe sur mes désillusions encore une fois... non mon petit, le monde n'est pas si simple que cela, il est plus facile de détruire que de construire, de hair, de rester dans les souvenirs que de pardonner, que de regarder vers l'avenir, aussi bien pour toi que les autres...
Quelque chose est brisé au fond de moi ce matin, et je ne sais pas quoi dire... que dire de toute façon... je n'arrive même pas à mettre de mots et à formuler correctement ce que je pense et ce que je ressends excepté de la douleur, excepté que nos rapports, de mon coté et du sien ne seront plus jamais les mêmes, parce que la douleur est là, parce que je suis lourd, parce que je ne serai qu'un frein à son épanouissement personnel, parce que tout simplement je suis foutument incapable d'exprimer réellement ou adroitement les sentiments que j'éprouve pour mes proches et que c'est comme cela que je les perds, lorsqu'il est trop tard...

Je rentre, un café, 2/3 clopes, un bon cd... ne pas penser, sortir faire un tour, se changer les idées, ne pas déprimer, continuer... et arrêter de soupirer...
T'es lourd mon petit, t'es lourd...


13:44 Écrit par Mr P & Mr F | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Rien à dire si ce n'est : Je t'embrasse

Écrit par : Bad' | 24/07/2004

Pas facile ...hein ....;-) .......J'te fais un gros bisou du soir ......;-))))

Écrit par : bio | 25/07/2004

Merchi... Je vous embrasse tendrement également

Écrit par : Mr P & Mr F | 27/07/2004

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