14/07/2004

Falling

Quelque part en belgique - 04h57...

Je rentre, dans un chez moi qui n'est pas le mien... grisé par les verres, grisé par la satisfaction d'avoir encore une fois bluffé mon monde, je rentre...
700.000 balles ma poule, 450.000 balles net... crashhhhhhhhh t'imagines ma poule ? Tcha... 40.000 max de loyer et charges, 15.000 balles de bouffe... te reste au moins 350.000 balles à claquer par mois ma poule... t'imagines, en 4 mois, tu places 1.000000
 
Je redescends sur terre, je suis parti  sur un coup de tête, le dernier train qui passait, besoin de m'évader, de vider mes tripes... 
Me prends un charles de Saint-Ceran de 2002 dans l'ensemble des boissons disponibles... j'ai toujours eu des gouts de luxe, un rythme de vie effréné...
Je redescends sur terre... je viens de refuser un contrat en or... un contrat qui ne se refuse pas, un contrat en béton...
 
Je suis grisé et vidé... La joie d'une proposition pareille, le regret de la refuser parce que...
Parce que depuis 2 semaines, je tire un trait sur ma vie... passée... Sur ces longues années, sur cet enfoiré de première que j'étais, sur ce monstre sans aucun scrupule que j'ai été...

Merde... une larme qui naît...
Je repense sur le chemin du retour à laure... merde... bordel de merde...
J'ai mené ces derniers 6 mois une vie qui se résume à une courbe d'activités et de luxe exponentielle... ayant mieux, j'ai désiré mieux... j'ai été cupide, j'ai eu une compagne terriblement belle, fidèle, une âme pure, et j'ai tout jetté en me disant "mouais... peux avoir mieux"
 
Retour vertigineux dans les entrailles de la terre, au feu des enfers...
Sous-merde... depuis 2 semaines, c'est cette impression que j'ai... qui suis-je honnêtement ?
Un ensemble de bluf, un ensemble de surconfiance en moi, un ensemble de paillettes, de poudre aux yeux, un jeu d'une vie, un jeu d'arêne... c'est toi ou moi ma poule... ave... celui qui va te battre te salue...

Je suis devenu au fil des années un mec imbu de sa personne, prétentieux, orgueilleux, insensible, manipulateur, cupide...
Et depuis 2 semaines, je me rends compte que je n'en peux plus... je n'en peux plus de cette vie de strass, de paillettes, de bluf, d'hypocrisie, de négociation, d'entubage, de ruse, de perversité, d'observation, de silence, d'agissements cachés...

J'ai besoin d'humain... j'ai l'impression d'être un magnifique moteur de BMW callé... lourd... après des années de bons et loyaux services, je calle, je me refroidis, et je ne trouve plus l'étincelle pour me faire un minimum ronronner...
Je coule... tout doucement, sûrement... je cherche  quelque chose, quelque part, une chaleur, une vérité, constante, présente, pour me faire redémarrer.....
Et c'est à ce moment là que lorsque l'on rentre comme ce soir, costard, pompes, cravate, chemise, porte-plume brillant, derrière le parfum, le gel, le strass, les paillettes, le m'as-tu vu, que Freedom me regarde, triste...
 
Je m'arrête le temps d'une pause nature, un regard dans la glace... je suis impeccable, tiré aux 4 épingles... en sortant, une coupe de champagne m'attend - veuve cliquot sans doute, c'est l'habitude de la maison -, une foule de sourire, de gens snobs, de dames en robe séduisantes, remplies de mascara et autres produits de beauté fortunés pour masquer la pauvreté de mon âme m'attend...
Je me regarde dans la glace, je croise ces yeux, je croise ce regard, je regarde ces fringues brillantes, et je plonge dans le froid et la solitude de mon âme...

La fête prend un tout autre sens, le temps s'arrête l'espace d'un instant - zoom panoramique du personnage, pause - je me regarde... je ne suis rien...

Je repense à valou, je repense à ces gens, dont j'ai l'espace d'un instant, par mes mots et ma pensée rationelle, l'espace d'un instant, démolis, réduits à néant, frappés mentalement jusqu'à ce qu'il ne reste que des lambeaux de pensées cohérentes, et le sourire cynique qui s'en est trop souvent résulté, et la fierté qui s'en est rehaussée...
Pauvre merde... réalises-tu que je viens de te démontrer publiquement que tu n'es rien, que tu ne vaux rien...
Je repense à ces gens que j'ai aidés, que j'ai manipulé pour les faire avancer, tel baloo, et je me demande si l'aide que je leur ai apporté, les coups de pouce que j'ai filés de manière anonyme ont été exécutés par reprise de conscience certains soirs ou par égo de satisfaction personelle...
Point positif de ma vie, j'ai su retirer l'ensemble de ces enseignements et de ces adaptations pour quelque fois faire le bien autour de moi...

Crise d'angoisse... au fil des réflexions, au fil de la descente dans l'âme, au fur et à mesure du film qui se déroule devant moi, spectateur pour une fois neutre et ébahit, je me rends compte de l'horreur que j'ai été, des manipulations dont j'ai été maître et esclave, des gens à qui j'ai fait du mal sans aucun scrupule, des gens qui m'ont manipulé tel un simple pantin, qui m'ont utilisé, et jetté...
 
Mon charles de Saint-Ceran devient amer... cette douleur à l'estomac revient.
Encore une fois, un maigre repas (une petite portion de fromage / salami) comme seul repas de la journée, café, clopes, alcool comme repas du soir...
Je vais me taper un ulcère, je me dis que tout médecin me fouttrait en hospitalisation probablement en voyant les résultats de ma composition sanguine actuelle...

Bof...
Finir ce verre, faire quelques formalités, et m'éclipser... je sors, en négociant encore une fois (sale réflexe, déviation professionelle), un pac de bonnes bouteilles à livrer chez moi - visa, signature, réglé - ...
Taper mes pensées, me vider, fumer quelques clopes...
Je passe par la gare.... un train... je file... je trace...
Je suis vidé, et je me pose la question ce soir s'il ne serait pas temps d'arrêter ces conneries, de faire un beau saut dans le vide et d'arrêter ce jeu dont je suis blasé qu'est la vie, ou de me taper une bonne descente d'alcool couplé à quelques dérivés morphiniques, le temps de dériver 2/3 jours, de ne plus penser, de dériver...

Oui... je suis un salaud... et le pire dans l'histoire, c'est qu'en l'entendant, ou en me le disant, je ne peux m'empêcher de sourire...
C'est la vie...

Courte soirée, quelques verres, je rentre poster sur un pc qui traine, je vire mes fringues, m'étendre sur cette chambre que je bénéficie encore une fois grâce à une relation
"fais comme chez toi..." discours trop souvent entendu... mais d'un ami réel cette fois-ci...
Rentrer demain, couper le gsm, couper le net, m'envoyer en l'air... je me contrefous ce soir du monde, et je me contrefous des gens qui ont pu commettre l'erreur de s'attacher à l'être que je suis..
Peut être penser à dire à laure, à mr x et y qu'ils n'ont rien à se repprocher... car je ne vois vraiment pas ce soir ce qui pourrait me donner le courage d'affronter l'être que j'ai été et la force de croire en l'avenir...

Finir cette bouteille de Saint-Ceran débouchée dans mon espace personnel le temps d'une nuit, dormir...

Si tu lis ca, mon père, je te hais pour avoir voulu un peu trop faire un être parfait de l'ensemble de chair que je suis, mais je t'aime pour avoir été un père modèle, fidèle, parfait... tu es un homme que nul autre n'égale, malgré ta modestie...
Tu as toujours tout fait pour nous, tu t'es sacrifié sans rien dire et chaque jour qui passe, saches que j'aurais aimé te dire les efforts ue j'ai fait en silende pour être ne fut-ce qu'un semblant d'homme
Si tu lis ca, monde, je t'emmerde par ton système capitaliste qui nous réduit à néant...
Si vous lisez ca, vous, members of Baloo Clan's, je vous méprise... je suis humain, et je porte ce poids...
Si tu lis cela, Laure, Déesse, et autres... désolé de vous avoir fait souffrr

Non... il est 5h21, il me reste un train dans 20 minutes, rentrer chez moi, passer par un night shop (me reste 2 clopes), et me peter la cervelle...

C'était l'histoire d'un gars qui un jour, se réveilla... et pleura de n'être que l'ombre d'un passé, de n'avoir pu faire plus, de n'avoir compté plus...
 
I was addicted to chaos...  chiao

05:19 Écrit par Mr P & Mr F | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Addicted to you, should you ! Il y a peu, le prof de fr nous avait demandé de faire une disser tsur ce qui donnait un sens à la vie ... à l aplace d'un blog bidon pour soi-même, beh c'était pour des pts, ....j'y ai écrit que ce qui rendait ma vie intéressante étaient ces alternances soudaine s de haut et de bas, de bonheurs et de peines ....il a po trop aimé, il trouvait ça trop fataliste, je lui semblait sans odute trop "addicted to chaos"
Moi évidemment, j'm ton style, c'est du romantisme pur (mm si tu ne l'es p-e pas profondément, le style s'y retrouve). j'm cette complaisance dans ta peine, tu ne sembles p-e po en jouir autant que moi je px m'en satisfaire, mais il fut profiter ces maux pour en sortir +fort, + décidé... po pour aboutir à un tunnel dont on sortira encore +cupide, narcissique et orgueilleux . Il faut savoir devenir bon, tout en ayant subi le mal.
je crois que tu te poses un peu trop de question, je crois que les ex, il faut oublier "ces choses-là" ... elles sont tant mauvaises pour la santé que le moral ...santé que tu sembles toi-mm vouloir mettre en péril : ce qui est bien dommage.

j'avoue te trouver particulièrement intéressant, très touchant, assez mature pour ce que tu dis ressentir, cette façon que tu as de t'exprimer ; bien spur, sur msn, on ne parle pas bcp, p-e que je ne semble tant intéressante, et je te comprends : je n'ai po envie d etrop me dévoiler, et puis ...te dire que je pleure pour des conneries, ça se fait po hein ! (lol)

bisous ....et oublie po que le race humaine a bcp d'embaras avec cette conscience de merde que Dieu lui a donné, voilà je crois que la vraie punition divine est celle-ci : savoir le mal qu'on a commie, le sentimenys de culpabilité, le remord. Mais moi, je me rassure : l'eugénisme est difficile, mais possible, restons assez stoïque, aimons la vie sans trop de paillettes, soyons des animaux par leur innocence, ne soyons plus ces "hommes nés bons, et corrompus depuis lors par la société" comme l'avait si bien dit Mr Rousseau

Écrit par : Absintheae | 14/07/2004

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